Ce que l’enfant dit à l’entrée du village
« Vous venez voir la maison haute ? »
Em Hyuk a douze ans, un sourire qui précède toujours ses mots, et la certitude tranquille de quelqu’un qui sait que ce qu’il possède vaut la peine d’être montré. Il désigne de la tête la maison communale de Kon Klor — le rong bahnar — dont le toit de chaume monte à quinze mètres au-dessus du sol comme une flèche végétale pointée vers le ciel. Puis il repart en courant, sans attendre de réponse, parce qu’il suppose que vous allez suivre.
C’est une bonne façon d’entrer dans Kon Tum. Pas par les panneaux d’information, pas par les brochures plastifiées de l’office de tourisme, mais par cette invitation non formulée que les villages Bahnar lancent à ceux qui arrivent à pied, sans agenda serré, avec assez de curiosité pour suivre un enfant de douze ans vers quelque chose qu’ils n’ont pas encore vu.
Kon Tum est une ville petite et une province immense. Son chef-lieu — à peine cent cinquante mille habitants — se traverse à pied ou à vélo en une matinée. Mais la province qui l’entoure, avec ses villages de minorités, ses forêts d’hévéas, ses massifs montagneux et ses histoires coloniales et missionnaires superposées comme des couches géologiques, mérite plusieurs jours et plusieurs intentions différentes.
Nous avons construit deux itinéraires pour deux façons d’entrer dans Kon Tum. Ils partagent les mêmes sites, mais les ordonnent selon des logiques différentes — l’une qui commence par l’histoire et descend vers la nature, l’autre qui commence par la nature et remonte vers la ville.
Table des matières
Ce que Kon Tum porte sur elle
Avant de proposer des itinéraires, il faut comprendre ce qui fait de Kon Tum une destination singulière dans le paysage vietnamien — et pourquoi les sites que nous allons traverser ne se lisent pas de façon indépendante les uns des autres.
Kon Tum est l’une des rares villes du Vietnam où l’histoire missionnaire catholique française, la culture des minorités des Hauts Plateaux et l’héritage colonial économique des plantations coexistent sur quelques kilomètres carrés, visibles et lisibles pour qui sait regarder. La cathédrale en bois et la maison de l’évêque témoignent d’une présence française qui remonte aux années 1850. Les villages Bahnar de Kon Klor et Plei Kep rappellent que cette province était habitée bien avant l’arrivée des missionnaires, et qu’elle l’est toujours selon des modes de vie que ni la colonisation ni la réunification du pays n’ont entièrement modifiés. Les forêts d’hévéas qui s’étendent à la périphérie de la ville portent la trace d’une économie de plantation que les Français ont introduite et que les décennies suivantes ont maintenue.
Ces couches ne s’annulent pas mutuellement. Elles se superposent, et c’est cette superposition qui donne à Kon Tum une profondeur que les destinations plus lisses ne possèdent pas.
Itinéraire 1 — De la ville vers la forêt (2 jours)
Pour les voyageurs qui arrivent à Kon Tum depuis Pleiku ou depuis la côte, et qui préfèrent commencer par la ville avant de s’éloigner vers la nature et les villages.
Jour 1 matin : la cathédrale et la maison de l’évêque
La journée commence à la cathédrale en bois de Kon Tum, à quelques minutes à pied du centre-ville, avant que la chaleur de la matinée ne s’installe. Construite entre 1913 et 1918 sous la direction des Frères des Missions Étrangères de Paris, la cathédrale est l’un des édifices religieux les plus singuliers du Vietnam — non pas parce qu’elle est grande ou imposante, mais parce qu’elle est entièrement en bois de pays, et que ce bois a vieilli avec une grâce que les constructions en béton ne peuvent pas imiter.

Ce que peu de visiteurs savent : l’architecture de la cathédrale mêle délibérément des éléments de la tradition constructive Bahnar — notamment la forme du toit et le traitement des ouvertures latérales — aux canons de l’architecture religieuse romane que les missionnaires français ont adaptée aux matériaux et aux savoir-faire locaux. Ce syncrétisme architectural n’est pas un accident : il reflète la stratégie missionnaire de la congrégation, qui cherchait à ancrer la foi dans les formes culturelles existantes plutôt qu’à les remplacer.
À l’intérieur, la lumière filtre à travers des vitraux simples et colore les bancs en bois sombre d’une façon qui change complètement selon l’heure. Le matin tôt, avant la première messe, le silence est absolu et la lumière rasante. C’est l’heure qu’il faut choisir.
La maison de l’évêque, à deux cents mètres de la cathédrale, est l’autre témoin architectural de cette période missionnaire. Construite dans un style colonial français avec des adaptations climatiques — galeries couvertes, toiture débordante, jardins intérieurs plantés d’arbres fruitiers — elle abrite aujourd’hui un orphelinat géré par des religieuses, et son accès est conditionné au respect de la vie qui s’y déroule. Arriver poliment, s’annoncer, et accepter que certaines parties ne soient pas accessibles aux visiteurs — c’est la condition pour découvrir ce que l’endroit a encore à montrer : la salle d’accueil avec ses photos d’archives, le jardin intérieur où jouent les enfants, et cette atmosphère particulière des lieux qui ont traversé les siècles en continuant simplement à vivre.
Jour 1 après-midi : Kon Klor et la rivière Dak Bla
Le village de Kon Klor se trouve à quatre kilomètres du centre de Kon Tum, de l’autre côté de la rivière Dak Bla, accessible par un pont suspendu en bois et bambou qui oscille doucement sous les pas. Ce pont lui-même mérite qu’on s’y arrête — construit par les habitants du village selon des techniques traditionnelles, renouvelé régulièrement, il est à la fois un ouvrage d’art fonctionnel et un marqueur symbolique de la frontière entre la ville et le village.

Kon Klor est l’un des villages Bahnar les mieux préservés des environs de Kon Tum. Sa maison communale — le rong — est l’édifice qui frappe le plus immédiatement : un bâtiment sur pilotis dont le toit de chaume monte sur quinze mètres, plus haut que les arbres qui l’entourent, selon un principe architectural Bahnar qui veut que la maison communale soit visible depuis tous les points du village et que sa hauteur exprime la vitalité de la communauté qui la construit.
À l’intérieur du rong, les instruments de musique collectifs — les gongs, les tambours — sont rangés avec soin. Ils ne s’entendent qu’aux occasions importantes : fêtes villageoises, inaugurations, funérailles. Le reste du temps, ils attendent, et leur présence silencieuse est déjà une forme de langage.
C’est ici qu’Em Hyuk reprend son rôle de guide non officiel. Les enfants de Kon Klor ont une relation avec les visiteurs qui est ni méfiante ni commerciale — ils observent, parfois proposent de montrer quelque chose, disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus. C’est une forme d’hospitalité sans protocole que l’on ne rencontre pas dans les villages trop fréquentés.
L’après-midi se termine sur les berges de la rivière Dak Bla, face au coucher du soleil qui allonge les ombres sur l’eau. La rivière coule d’est en ouest — sens inverse de la plupart des rivières vietnamiennes — une particularité géographique que les habitants mentionnent avec une fierté discrète. Au crépuscule, les pirogues des pêcheurs reviennent sur l’eau et la lumière devient ce qu’aucun filtre photographique ne sait reproduire.
Jour 2 matin : la maison funéraire de Plei Kep
À une dizaine de kilomètres du centre de Kon Tum, le village de Plei Kep abrite l’une des maisons funéraires — nha mo — les mieux préservées de la région. La maison funéraire Bahnar est un édifice construit pour abriter la tombe d’un défunt pendant la période qui précède la cérémonie d’abandon du tombeau — une période qui peut durer plusieurs années, pendant laquelle la famille continue à rendre visite au mort, à lui apporter de la nourriture et à maintenir la relation entre vivants et ancêtres.

Ce que la plupart des guides n’expliquent pas : la maison funéraire n’est pas un lieu de deuil au sens occidental du terme. C’est un lieu de transition, et son architecture reflète cette fonction — richement décorée de sculptures en bois représentant des figures humaines, des animaux et des motifs abstraits, elle est conçue pour être belle, presque festive, parce que la mort dans la cosmologie Bahnar est un passage vers un autre état d’existence plutôt qu’une fin.
Les sculptures de Plei Kep — personnages aux bras levés, oiseaux en vol, formes géométriques dont les significations ne se lisent qu’avec l’aide d’un guide Bahnar — sont d’une qualité artisanale remarquable. Un guide local qui connaît les familles du village et peut expliquer l’iconographie en contexte transforme radicalement la visite.
Jour 2 après-midi : les forêts d’hévéas et Mang Den
La route vers Mang Den — à soixante kilomètres au nord de Kon Tum sur la nationale 24 — traverse les forêts d’hévéas du Tay Nguyen, l’une des images les plus particulières et les moins connues des Hauts Plateaux. Les hévéas — introduits par les colons français au début du vingtième siècle pour leur latex — ont été plantés en rangées régulières sur des dizaines de milliers d’hectares. Leurs troncs gris argenté, leurs coupelles de collecte accrochées à mi-hauteur, et la lumière qui filtre entre les rangées en créant des jeux d’ombre géométriques constituent un paysage d’une étrangeté apaisante que l’on ne trouve nulle part ailleurs au Vietnam.

La meilleure façon de traverser ces forêts : en moto, au petit matin ou en fin d’après-midi, quand la lumière est basse et que les saigneurs d’hévéas commencent ou terminent leur tournée. Ces travailleurs — qui incisent l’écorce des arbres à intervalles réguliers pour collecter le latex blanc — opèrent dans un silence presque total, avec des gestes lents et précis que la répétition a rendus parfaits.
Mang Den est une station de montagne en développement, à mille deux cents mètres d’altitude, dont la fraîcheur relative et les lacs de cratère attirent de plus en plus de visiteurs vietnamiens en quête d’air frais. Pour les voyageurs étrangers, son intérêt principal réside dans l’accès qu’elle donne aux forêts d’altitude environnantes et aux villages Sedang des hauteurs — communauté montagnarde moins connue que les Bahnar et Jarai, mais dont l’artisanat et l’architecture méritent une attention particulière.
Dormir à Mang Den pour profiter de la fraîcheur nocturne — les températures y descendent souvent à douze ou treize degrés la nuit, même en pleine saison sèche — et repartir vers Kon Tum le lendemain matin après avoir vu les lacs dans la lumière de l’aube.
Itinéraire 2 — De la forêt vers la ville (2 jours)
Pour les voyageurs qui arrivent depuis le nord — depuis Quang Nam par la passe de Lo Xo ou depuis Quang Ngai par la nationale 24 — et qui entrent dans la province par ses zones naturelles avant de descendre vers la ville.
Jour 1 : Mang Den et les forêts d’hévéas en sens inverse
Commencer par Mang Den change complètement la façon dont on perçoit la descente vers Kon Tum. On part de la fraîcheur et du silence des forêts d’altitude, on traverse les rangées d’hévéas avec la lumière du matin dans les yeux plutôt que dans le dos, et on arrive à Kon Tum en fin d’après-midi avec la sensation de descendre vers la civilisation plutôt que de la quitter.

La route nationale 24 entre Mang Den et Kon Tum est l’une des plus belles routes de montagne des Hauts Plateaux — sinueuse, bordée alternativement de forêts primaires et de plantations, avec plusieurs belvédères non aménagés depuis lesquels la vue plonge sur les vallées cultivées en contrebas. En moto, cette route demande deux heures et demie sans compter les arrêts. En voiture, c’est plus confortable mais moins immersif.
La traversée des forêts d’hévéas se fait en milieu de matinée, quand les saigneurs ont déjà commencé leur travail et que le latex commence à couler dans les coupelles. S’arrêter, observer, demander à un travailleur s’il accepte d’être regardé — ces gestes simples ouvrent des conversations sur le travail de plantation, les revenus, la vie dans les villages hévéicoles, que les panneaux d’information ne remplaceront jamais.
Jour 2 : la ville et ses couches
La même séquence que dans l’itinéraire 1, mais dans l’ordre inverse — Plei Kep le matin, Kon Klor l’après-midi, cathédrale et maison de l’évêque en fin de journée quand la lumière est plus douce et les visiteurs moins nombreux.

Terminer par la cathédrale en fin d’après-midi est une expérience différente de la visiter au matin. La lumière de seize heures, dorée et oblique, entre par les vitraux dans l’autre sens et éclaire des détails du bois que la lumière matinale ne révèle pas. Les derniers visiteurs partent, les religieuses commencent à préparer la messe du soir, et la cathédrale retrouve sa vocation première — un lieu de pratique, pas d’exhibition.
Tableau pratique
| Site | Distance du centre | Durée conseillée | Accès | Meilleur moment | Ce qui le distingue |
|---|---|---|---|---|---|
| Cathédrale en bois | Centre-ville | 45 min — 1 h 30 | À pied | Tôt le matin | Architecture bois Bahnar-romane, lumière des vitraux |
| Maison de l’évêque | 200 m de la cathédrale | 30 — 45 min | À pied | Matinée | Architecture coloniale, orphelinat actif |
| Village Kon Klor | 4 km du centre | 2 — 3 h | Vélo, moto | Après-midi | Rong Bahnar, pont suspendu, bords de Dak Bla |
| Maison funéraire Plei Kep | 10 km du centre | 1 h 30 — 2 h | Moto, voiture | Matin | Sculptures funéraires Bahnar, iconographie rare |
| Forêts d’hévéas | 15 — 40 km | Selon parcours | Moto | Petit matin | Lumière entre les rangées, saigneurs au travail |
| Mang Den | 60 km nord | 1 journée minimum | Voiture, moto | Toute la journée | Altitude, fraîcheur, lacs de cratère, villages Sedang |
Ce que peu de guides vous disent sur ces sites
La cathédrale est un lieu de culte actif, pas un musée. Les messes ont lieu quotidiennement, et la communauté catholique Bahnar de Kon Tum est nombreuse et fervente. Arriver pendant une cérémonie sans s’annoncer, appareil photo en main, est un manque de respect que les fidèles tolèrent avec plus de patience qu’ils ne devraient. Vérifier les horaires des offices avant de planifier la visite, et s’asseoir discretement si une messe est en cours.
Le pont suspendu de Kon Klor se traverse lentement. Il a été construit pour des personnes et des charges légères, pas pour des groupes pressés. Plusieurs personnes qui sautent ou courent dessus simultanément créent des oscillations qui l’endommagent progressivement. L’observer depuis la berge avant de le traverser donne une idée de sa structure et de la façon de l’aborder.
La maison funéraire de Plei Kep appartient à une famille, pas à l’État. Les visiter sans guide local connecté aux familles du village est risqué — pas dangereux, mais potentiellement intrusif. Un guide Bahnar qui connaît les usages et peut demander la permission en langue locale transforme la visite en rencontre plutôt qu’en intrusion.
Les forêts d’hévéas sont traversées la nuit par les saigneurs. Une partie de la saignée se fait entre trois et cinq heures du matin, quand la pression de la sève est maximale et que les températures fraîches ralentissent la coagulation du latex. Des voyageurs qui ont accepté de se lever très tôt ont rejoint des saigneurs dans leur ronde nocturne — une expérience que peu d’opérateurs proposent mais que les guides locaux connectés aux plantations peuvent organiser.
Mang Den change rapidement. Des hôtels et des complexes de villégiature vietnamiens s’y construisent à un rythme soutenu depuis quelques années. Ce que l’on voit aujourd’hui ne ressemblera peut-être plus à ce que nous décrivons ici dans trois à cinq ans. La partie nord de la zone, autour des lacs les moins aménagés, reste pour l’instant préservée — c’est là qu’il faut aller en priorité.
La rivière Dak Bla coule à l’envers. C’est une chose qu’Em Hyuk vous dira peut-être à l’entrée du village, ou que vous entendrez d’un habitant de Kon Tum avec la fierté tranquille des gens qui possèdent une singularité géographique. La Dak Bla coule d’est en ouest avant de rejoindre le Se San, qui lui-même rejoint le Mekong au Cambodge. Ce détail n’est pas anecdotique — il dit quelque chose sur l’orientation de toute la province, tournée vers l’Indochine intérieure plutôt que vers le littoral.

Gastronomie entre les étapes
Ga nuong la mang — poulet grillé dans des feuilles de bambou — est une préparation Bahnar que certaines familles de Kon Klor vendent aux visiteurs les jours de marché. Le poulet fermier, assaisonné de sel et d’herbes de forêt, est emballé dans des feuilles de bambou jeunes et cuit directement sur les braises. La feuille parfume la chair d’une note végétale légère pendant la cuisson. On le mange avec du riz gluant, les mains, et une vue sur le rong.
Pho kho Gia Lai — variante sèche du pho venue de la province voisine mais adoptée à Kon Tum — est le petit-déjeuner de la ville. Les vermicelles de riz épais sont servis sans bouillon — ou avec un bol de bouillon à part, pour tremper — avec du bœuf tranché fin, des oignons frits et une sauce à base d’huile de porc et d’ail. La texture est plus riche, plus dense que le pho du Nord. On le mange vite, debout ou sur un tabouret bas, avant que les échoppes ne ferment à neuf heures.
Ca phe Kon Tum — le café local, robusta de plantation familiale — se boit dans des maisons de café de quartier qui n’ont pas encore subi la rénovation esthétique des cafés urbains tendance. Tables en formica, ventilateurs au plafond, journal du matin posé sur le bord — c’est là que les habitants de Kon Tum commencent leur journée depuis des décennies, et c’est là que le café a le goût de l’endroit.

Conseils pratiques
Transport sur place : le vélo suffit pour relier la cathédrale, la maison de l’évêque et le village de Kon Klor depuis le centre-ville. Pour Plei Kep, les forêts d’hévéas et Mang Den, une moto est indispensable — ou une voiture pour les voyageurs moins à l’aise avec la conduite sur routes de montagne. Plusieurs hôtels du centre-ville proposent des vélos et des motos en location.
Guide local : pour Plei Kep et les villages des districts périphériques, un guide Bahnar est la différence entre une visite de surface et une compréhension réelle de ce que l’on voit. Nous travaillons avec plusieurs guides Bahnar et Jarai dont la connaissance des communautés villageoises est irremplaçable.
Hébergement : Kon Tum ville offre une gamme d’hôtels corrects à tous les budgets, concentrés autour du centre historique. Pour Mang Den, plusieurs hébergements récents proposent des bungalows dans un cadre naturel — réserver à l’avance en week-end, la station attirant de plus en plus de visiteurs vietnamiens.
Durée recommandée : deux jours pour les deux itinéraires combinés, avec une nuit à Mang Den. Trois jours pour un rythme plus lent qui laisse du temps aux rencontres imprévues — et les meilleures choses de Kon Tum sont souvent imprévues.
Questions fréquentes sur les itinéraires à Kon Tum
Faut-il un guide pour visiter les villages Bahnar autour de Kon Tum ?
Pour Kon Klor, un guide n’est pas indispensable — le village est habitué aux visiteurs et l’accès est aisé. Pour Plei Kep et les villages plus reculés, un guide Bahnar local est fortement conseillé : il connaît les familles, peut demander les permissions en langue locale, et explique l’iconographie des sculptures funéraires dans un contexte culturel que les panneaux d’information ne restituent pas.
La maison funéraire de Plei Kep est-elle toujours accessible ?
Oui, mais l’accès dépend du respect des usages locaux. La maison funéraire appartient à une famille — pas à l’administration touristique. Arriver avec un guide local connecté aux familles du village est la façon la plus respectueuse et la plus efficace d’y accéder. Les visites en groupe nombreux et bruyant sont à éviter absolument.
Combien de temps faut-il pour aller de Kon Tum à Mang Den ?
La route nationale 24 entre Kon Tum et Mang Den fait environ soixante kilomètres. En voiture, compter une heure et demie à deux heures selon les arrêts. En moto, deux heures et demie à trois heures — mais la moto permet des arrêts spontanés dans les forêts d’hévéas et sur les belvédères que la voiture rend plus contraignants. La route est bien goudronnée et praticable toute l’année.
Peut-on visiter Kon Tum en une seule journée depuis Pleiku ?
Techniquement oui, mais de façon très partielle. La ville de Kon Tum seule — cathédrale, maison de l’évêque, Kon Klor — peut se couvrir en une journée depuis Pleiku (quarante-cinq minutes de route). Inclure Plei Kep et les forêts d’hévéas demande une nuit sur place. Mang Den nécessite impérativement une nuit supplémentaire.
La cathédrale en bois de Kon Tum est-elle ouverte aux visiteurs non catholiques ?
Oui. La cathédrale accueille les visiteurs de toutes confessions en dehors des heures de messe. L’accès est libre, la tenue correcte est demandée, et la discrétion pendant les offices est une règle non écrite que les visiteurs respectueux appliquent naturellement.

Ce que l’on emporte de Kon Tum
Em Hyuk n’attendait pas de remerciements. Il a montré la maison haute, il a disparu derrière un angle du village, et on ne l’a plus revu. C’est peut-être la meilleure définition de l’hospitalité Bahnar : généreuse et sans dette.
Kon Tum laisse ce genre d’impression — des rencontres qui ne se négocient pas, des architectures qui racontent plus qu’elles n’exposent, des forêts qui ont leur propre rythme et ne s’adaptent pas au vôtre. Ce n’est pas une destination facile à résumer, parce qu’elle refuse les simplifications.
Ce que nous savons, après quinze ans de passages, c’est qu’on en revient toujours avec quelque chose d’indéfinissable — pas une carte postale, pas une liste de sites cochés, mais la sensation d’avoir traversé un endroit qui existe vraiment, indépendamment du regard qu’on pose sur lui.
C’est assez rare pour mériter le détour.
Pour prolonger cette découverte vers le sud, notre guide de Dak Lak propose des itinéraires qui s’articulent naturellement avec Kon Tum — deux provinces des Hauts Plateaux qui se lisent en regard l’une de l’autre, comme deux chapitres du même livre.

